Concrètement, de plus en plus d'entreprises pour des raisons de sécurité optent pour des outils de reconnaissance biométrique. Cependant et comme toujours, sécurité et liberté sont de faux amis.
Remarquons que les dispositifs biométriques relèvent de la compétence de la Cnil.
Cette dernière dans un guide qu'elle vient de rendre public,
précise les principaux critères sur lesquels elle se fonde pour
autoriser ou refuser le recours à des dispositifs reposant sur la
reconnaissance des empreintes digitales et leur stockage sur un
terminal de lecture comparaison ou sur un serveur.
Cela lui
permet aussi, d'une part, de rappeler les risques liés à cette
technologie qui doit restée exceptionnelle ; et d'autre part, de mieux
informer les salariés sur leurs droits, tout en permettant aux
entreprises et administrations, toujours plus nombreuses à vouloir
utiliser la biométrie, de se poser "les bonnes questions informatiques
et libertés".
C'est pourquoi en pratique les dispositifs
biométriques reposant sur la reconnaissance des empreintes digitales ne
sont autorisés par la Cnil que lorsqu'ils répondent à "un fort
impératif de sécurité", et satisfont aux quatre exigences suivantes :
- La finalité du dispositif
doit être limitée au contrôle de l'accès d'un nombre limité de
personnes à une zone bien déterminée, représentant ou contenant un
enjeu majeur dépassant l'intérêt strict de l'organisme tel que la
protection de l'intégrité physique des personnes, de celle des biens et
des installations ou encore de celles de certaines informations ;
- Le système doit être proportionné
à la finalité préalablement définie eu égard aux risques qu'il comporte
en matière de protection des données à caractère personnel ;
- Le dispositif sécurisé
doit permettre à la fois une authentification et/ou une identification
fiable des personnes et comporter toutes garanties de sécurité pour
éviter la divulgation des données ;
- L'information des personnes concernées, réalisée dans le respect de la loi Informatique et libertés et, le cas échéant, du Code du travail.
C'est à la suite d'un examen attentif de l'ensemble de ces exigences
que la Cnil se prononcera sur la mise en oeuvre des traitements qui lui
sont soumis. Aucun critère préétabli n'est à lui seul déterminant.
Rappelons
que c'est en 1997 que la CNIL a examiné son premier dispositif
biométrique avec enregistrement des empreintes digitales dans une base
de données, et depuis lors, le nombre de demandes d'autorisation pour
de tels systèmes ne cesse de croître.