Compte-rendu de la réunion du groupe de travail relative à la mise en place de patrouilles
Nous sommes réunis aujourdhui pour approfondir les propositions de la Direction et entendre celles des organisations syndicales, partant du principe que les bonnes idées ne viennent pas forcément dun seul côté.
Le Directeur des Ressources Humaines nous dit quil na reçu quun projet, celui de la FAT. [Il ne mentionne pas, par contre les courriers quil a pu recevoir. Cest vrai que celui de SUD se positionnant contre le projet de la Direction et demandant la création dun corps de métier était adressé au Directeur Général ].
Dun premier tour de table, il ressort que les OS se prononcent pour des embauches (mis à part la CGC qui passe son tour).
Le DRH campe le décor : la Direction na pas fermé la porte à des propositions émanant des OS. Toutefois, il ne faut pas se voiler la face : il y a une feuille de route établie par le Directeur Général qui doit être respectée. Ainsi, il faut se donner comme objectif de faire linventaire de toutes les possibilités, daborder tous les sujets en espérant trouver des points de convergence : on peut avancer en commun sur de nombreux sujets, il ny a pas de tabou.
Le point sur les embauches apparaît toutefois comme point bloquant pour les OS. Pas pour le DRH qui estime que la position du DG a été mal entendue : si le DG ne souhaite pas créer de toutes pièces un corps de patrouilleurs il nest pas question de reproduire le schéma dAPRR qui, au contraire, sera amené à évoluer il nest, en revanche, pas fermé à laugmentation de leffectif des agents routiers. La porte reste ouverte sur des recrutements. Le projet présenté précédemment était un projet conceptuel et théorique qui demande à être adapté à la pratique. Au travers de cette négociation, la Direction souhaite faire évoluer le métier dagent routier par le haut, cest-à-dire de manière positive en repositionnant les tâches ce qui saccompagnera dune revalorisation du salaire. [Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et pour citer une formule du DRH, reprenons tous en cur : « au pays de Candy »]
Le débat sinstaure au sujet de la notion de tour de service : pour la Direction, on ne peut pas parler de tour de service du fait du manque de fréquence (pas de régularité). Les OS ne sont pas de cet avis : il y a bien un tour établi. Le fait quil ny ait pas de régularité de tour pose des problèmes spécifiques daprès le Directeur Technique et Viabilité. Pour les OS, cela augmente les problèmes et pose notamment la question du rythme de travail.
Pour SUD, le décor est planté sur du sable mouvant. Il nest pas possible daccompagner un projet « inaccompagnable ». Dailleurs, la base rejette ce projet. Pour preuve, la pétition signée par une majorité importante dagents routiers. SUD ne suivra pas la Direction.
Le DRH fait remarquer que le projet de la Direction nétait pas en état dêtre présenté aux salariés (la Direction souhaitant dabord se mettre daccord avec les OS). Il sagit dun projet compliqué qui nécessite trois heures dexplication [traduction : nous ne sommes pas capables den comprendre et den faire comprendre toutes les subtilités Remarque : une synthèse suffit pourtant à cerner le genre de projet quon veut nous faire avaler. Les subtilités ne sont faites que pour endormir : lossature est plus fondamentale que lhabillage].
SUD estime quil est normal daller voir ceux qui sont concernés.
Pour le DRH, nous navons pas la même conception de linformation à faire au personnel. Il faut attendre que le projet soit un fruit mûr [ou bien emballé, cest-à-dire quil présente bien et tant pis si quand on croque on a un goût amer, voire pourri dans la bouche : cest trop tard cest signé] pour être présenté aux salariés. Les autres OS rejoignant SUD sur le fait quil est important de tenir informés les salariés concernés, le DRH nuance sa position et explique quil nest pas contre le fait de présenter les choses mais contre les conclusions de SUD.
SUD ajoute que les missions de lagent routier sont déjà complexes et se prononce pour la création dun métier avec des embauches à la clé. SUD souligne que le système fonctionne sur APRR, ce que le DRH remet en cause.
La parole est donnée à la FAT pour lexposé de sa proposition. Il sagit de la création dun tour 3X8 pour un métier spécifique. La discussion sengage sur les points de convergences possibles, notamment les circuits, linstauration dun 3X8 (par contre, on passe sous silence laspect métier spécifique).
Cest la CFDT qui défend lexplication sur le tour 3X8. Pour le DTV, le projet de la Direction est moins contraignant quun tour 3X8 classique du fait quil y a moins de week-ends travaillés [par contre bonjour le rythme de travail !]. La Direction, qui pense chiffres et budget, bloque sur le point des recrutements nécessaires pour instaurer un tour 3X8 5 personnes par centre soit 25 au total. [Question : combien pèse largument de sécurité dans la mise en place des patrouilles ?]. Les OS (autres que SUD) font part de leur subtilité desprit, très en adéquation avec la Direction : 25 personnes en 3X8, ce nest pas 25 recrutements si ce sont des agents routiers qui acceptent de basculer « patrouilleurs », puisquils seront intégrés aux agents routiers le matin et laprès-midi. Le DRH élabore le calcul : laugmentation équivaut à une fraction de 25, il ny a plus quun tiers de personnes à recruter.
Le DRH jubile. Il estime quon a avancé sur un point. Il voit maintenant clair sur la demande dun tour 3X8.
Le DTV fait ensuite remarquer quil manque une mission fondamentale sur la liste élaborée par la FAT : le nettoyage des sanitaires le week-end. La compatibilité entre le tour du circuit à assurer et le temps nécessaire au nettoyage pose problème. La CGC propose un test grandeur nature.
Sur sa lancée, le DTV propose une autre mission : lintervention sur les péages automatisés en cas de problème. Les OS réagissent : il y a des limites à ne pas dépasser, ça, elles nen veulent pas.
SUD rappelle le discours tenu lors de la réunion de négociation par le Directeur dExploitation (il sagit dintervention de sécurité, mais pas dintervention de péager, ni dintervention de technicien. Il ne faut pas confondre les genres).
Le DTV, qui a une notion de sécurité étendue (débloquer le péage), cherche pourtant à argumenter : si le patrouilleur nest pas loin du péage en difficulté (« avec le GPS on saura le localiser immédiatement ») on peut lui demander dintervenir dans un souci defficacité. Les OS sont catégoriques : la gestion du péage relève de la téléexploitation.
Daprès FAT, CFDT il y a des volontaires sur les centres pour évoluer vers un 3X8.
Concernant la rémunération, le DRH na pas changé de position : on reste collé sur le mode de rémunération de lagent routier avec paiement au réel des sujetions, cest-à-dire que la future grille de base des ARS (agents routiers surveillants) sera une extension de celle des agents routiers.
Le DRH regarde sa montre : il est midi trente, la réunion prend fin.
Une question est évoquée : que deviendront les rondiers de SATS ? Pour le DTV, cest une question annexe qui sera traitée plus tard. Le DRH est moins direct : on est là pour parler des salariés dAREA, il ne faut pas faire de mélange des genres.
Pour la prochaine réunion, dans plus dun mois (le 14 décembre), la Direction va travailler sur les missions, le tour 3X8, la question de la rémunération et apporter des précisions sur les circuits.
Remarque : le groupe de travail a tellement bien avancé que cest à se demander si tout na pas déjà été discuté dans les couloirs. Les deux prochaines réunions sont-elles vraiment nécessaire pour aboutir à un accord majoritaire ?