LU dans LE CANARD ENCHAÎNÉ N° 4494-13 décembre 2006<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>
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La main de mon Frère dans la cagnotte d'Eiffage<o:p></o:p>
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CENT millions d'euros de bénéfice en moins de neuf mois, tel est le dernier coup de Bourse réalisé à Paris par le multimilliardaire belge Albert Frère, premier actionnaire privé de Suez et de Total. En mars 2006, la société holding d'Albert Frère annonce qu'elle détient 6,1 % du capital d'Eiffage. Heureuse coïncidence : la société française de travaux publics vient de bénéficier de la privatisation, à prix bradé, des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR). Il y a donc un bon coup à jouer en attendant quelques mois pour voir fructifier la mise. <o:p></o:p>
En décembre 2006, le cours de l'action Eiffage a progressé de 65 %, alors que l'indice CAC <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:metricconverter w:st="on" ProductID="40 a">40 a</st1:metricconverter>, lui, monté de seulement 15 %. Quant à Vinci, autre société de travaux publics et de concessions, qui a récupéré les Autoroutes du Sud de la France (ASF), elle a, elle, gagné 33 %. Pour ses heureux actionnaires, il suffirait de "dormir" le temps nécessaire et d'attendre de ramasser le jackpot. Frère n'a pas oublié de le faire.<o:p></o:p>
C'est une sorte de fatalité des privatisations à <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la mode Thierry Breton.">la mode Thierry Breton.</st1:PersonName> Chaque fois, les prix de vente, décidés par Bercy et avalisés par une commission prétendument indépendante, sont tellement bas que des petits malins, spécialistes des allers-retours, se goinfrent gaiement. L'action EDF a ainsi flambé de 62 %, alors que durant le même temps, l'indice CAC 40 ne gagnait que 40 %. Pour le plus grand bénéfice, notamment, des fonds de pension anglo-saxons ou français.<o:p></o:p>
Le bradage des "privatisés" a eu un autre effet : en liquidant son patrimoine à prix cassé, l'Etat s'est privé de rentrées plus importantes qui auraient pu servir à réduire sérieusement son endettement.<o:p></o:p>
Comme s'il fallait s'arrêter à ce genre de détail bêtement trivial