Compte-rendu de la réunion de négociations relative à légalité hommes - femmes
Cest la Responsable des relations du travail qui dirige la réunion parce quelle a des choses à dire sur le sujet et pas parce que le Directeur des Ressources Humaines a de nouvelles fonctions. Dailleurs, il avait été décidé avant la nomination du DRH en tant que Secrétaire Général dAPRR, que ce serait elle qui serait chargée de mener cette négociation.
La Responsable des relations du travail nous transmet les souhaits du DRH de ne pas abandonner AREA.
Ces précisions étant faites, on entre ensuite dans le vif du sujet.
Cette négociation est mise en place dans le cadre des dispositions de la Loi du 23 mars 2006.
Remarques préliminaires :
- Au niveau national, le taux demploi des femmes représente 55 %, lécart des salaires entre hommes et femmes (à situation équivalente) est toujours de 15 à 20 %.
- Lexistence de grilles de salaire chez AREA devrait prévenir, en théorie, les écarts de salaires dans lentreprise.
- Le ministère du travail doit établir un bilan de la situation en 2008.
Cadre légal :
- Loi du 9 mai 2001 sur légalité professionnelle (qui autorise le travail de nuit des femmes)
- Articles L 132-7 et L 132-12 (concernant la négociation annuelle obligatoire)
- Articles L123-1 et L 122-45 (au sujet de la discrimination)
- Articles L432-3-1 et D 432-1 (déterminant lobligation de lentreprise vis-à-vis du CE)
- Loi du 23 mars 2006 sur légalité salariale (avec obligation de résultat)
- Articles 28 et 29 de la Convention Collective Nationale de Branche (reprenant pour lessentiel les dispositions légales et ajoutant un principe de sensibilisation)
La Responsable des relations précise quil nest pas question de faire de la discrimination positive. La négociation sarticule autour trois axes :
1) Légalité salariale
2) Légalité des conditions de travail
3) Légalité dans la promotion et la formation
Egalité salariale :
On parlera de discrimination positive à propos des absences liées aux congés maternité ou adoption. Pour ce type de congé,les augmentations individuelles et générales sont maintenues.
Le travail seffectue sur la base dun rapport sur la situation comparée des hommes et des femmes et à lappui dun nouveau décret (18 octobre 2006) qui détermine de nouveaux indicateurs.
Egalité des conditions de travail :
A développer au niveau des données concernant la pénibilité.
Egalité dans la promotion et la formation :
La garantie de lévolution salariale est basée sur la « catégorie professionnelle », terme à la définition floue.
Quelques premiers chiffres concernant AREA (les éléments chiffrés seront actualisés pour mi-février) :
Au 31 décembre 2005 AREA compte
708 CDI hommes et 560 CDI femmes (ce qui représente 56 % contre 44 %)
31 CDD hommes et 54 CDD femmes
On ne cherche pas la parité 50 50 et ces données noffrent quun constat sans beaucoup de signification.
Une cartographie au 31 décembre 2005 donne la répartition suivante des emplois CDI :
Hommes Femmes
Cadres 91 22
ETAM 185 134
Employés dexécution 432 404
2X8 33 111
3X8 164 102
TPA 100 202
Agents routiers 196 0
La répartition des employés dexécution fait apparaître une égalité trompeuse. Le détail des différents emplois qui entrent dans cette catégorie fait apparaître dénormes disparités et lon remarque que cest dans la catégorie la plus précaire (TPA) quil y a le plus de femmes. Par ailleurs, peut-être, ai-je mal copié, mais en additionnant 2X8, 3X8, TPA et agents routiers, le total ne correspond pas au nombre demployés dexécution
Un autre tableau donné à loccasion de la négociation TPA donnait la répartition suivante de leffectif physique des receveurs péagers au 31 décembre 2005 :
329 CDI non TPA dont 189 femmes et 140 hommes
311 CDI TPA dont 215 femmes et 96 hommes
Lobjet de la négociation est le suivant : comment apporter un soutien à lévolution de manière à favoriser la mixité.
Les TPA constitue la catégorie où il y a le moins décarts entre les hommes et les femmes (âge moyen 35 ans et ancienneté moyenne identiques). Cest aussi la catégorie où il y a le plus de femmes. Les OS font remarquer que le temps partiel annualisé na rien à voir avec du temps partiel choisi.
Concernant la rémunération moyenne, donnée insuffisamment pertinente, lécart le plus important apparaît, on sen serait douter, chez les cadres. Les cadres constituent, en effet, la catégorie où il y a le moins de femmes par rapport au nombre dhommes et aucune femme noccupe un haut poste de responsabilité [on se demande bien pourquoi ].
La Responsable des relations du travail propose la mise en place dune commission qui devra déterminer les indicateurs à prendre en compte dans létude comparée de la situation professionnelle des hommes et des femmes dans lentreprise.
SUD propose de prendre en compte la distribution des échelons et les primes.
La CGT demande un suivi des candidatures et du choix du postulant [Est-il possible denvisager la nomination dune femme receveuse chef sur le CP1 ?].
La commission de travail doit être un comité restreint. La CFDT souhaite que la commission égalité hommes femmes du CE y soit intégrée. La Responsable des relations du travail suggère quelle y soit représentée. La commission de travail sera donc constituée de deux représentant(e)s par organisation syndicale, deux représentant(e)s de la commission égalité hommes femmes et deux représentantes de la Direction. La première réunion est fixée au 1e mars à 9H30. Lobjectif est de se retrouver en négociation aux alentours du 15 avril.
Bilan de la réunion : à quoi aura servi cette première rencontre, à part poser le cadre législatif ? On na même pas à disposition les données actualisées qui permettraient de constater les écarts de traitements entre hommes et femmes. Cest comme si la Direction mettait en place des réunions où il est plus question de bilan que de projet pour répondre à lobligation de la Loi, pour dire quon est sensibilisé.
Partant du principe que les grilles de salaire sont les mêmes pour les deux sexes, il ne devrait pas y avoir de problème dinégalité ou de discrimination à lAREA. Il nempêche que la répartition par catégorie met en évidence une structure symptomatique où les postes à haute responsabilité sont toujours occupés par des hommes et où la précarité concerne toujours davantage les femmes. Pas besoin de négociation pour en faire le constat. Cela dit, au-delà du constat des chiffres, on fait quoi ?
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