vu sur le blog de Philippe Tesseron :LES 35 heures, durée hebdomadaire légale en France, devaient être la grande avancée sociale de cette fin de 20ème siècle. Le but avoué pour le Parti Socialiste au pouvoir à lépoque était de partager le temps de travail afin de juguler le chômage. Lidée était certes pleine de bonnes intentions et pouvait paraître logique. Le partage du travail, et pourquoi pas celui des richesses pendant quon y est ! ? Mais dun autre côté, il fallait aussi comprendre quau-delà du partage du temps de travail, il y avait aussi lidée de voir le sort physique mais aussi moral des salariés saméliorer. Logiquement, lorsque lon travaille moins et quil reste du temps libre, cest bon pour le moral, et puis on peut consacrer tout ce temps pour dautres activités aussi bien pour sa famille que pour les autres. Cétait lheureux temps du travailler moins pour gagner pareil et vivre mieux. Mais voilà, cette loi sur les 35 heures était tellement mal fagotée que le patronat sest empressé de demander des compensations, et si le temps de travail est passé à 35 heures, la productivité sest accrue et cette réduction du temps de travail sest soldée par une pression énorme sur les salariés pour produire autant dans un moindre temps. Depuis, les salariés vivent sous haute pression, et on en demande toujours plus dans un environnement délétère. Les chefs qui, depuis les années 60, avaient ravalé un peu de leurs superbes sont redevenus les matons de lentreprise comme au bon vieux temps des maîtres des forges. Entre la productivité et les pressions, de plus en plus de salariés sont sous le coup du stress, et cet état les perturbe mentalement. Il y a encore quelques semaines, un employé des usines Peugeot allait rejoindre la longue liste des employés qui se sont suicidés sur leur lieu de travail. Cest en quelque sorte le résultat du travailler plus tant mis en avant ces derniers temps. Revaloriser la valeur travail comme si cette valeur était un principe indispensable à lépanouissement de lHomme ! Il faut certes vivre de son travail, mais doit-on travailler jusquà en mourir pour pouvoir acquérir toujours plus de biens ?
Harcèlement ! Le harcèlement est partout, mais bien plus à lintérieur de lentreprise. Souvenons-nous dun certain mois de décembre 2005, un ex-employé des Brasseries de Bourbon faisait irruption salle Candin et tirait sur les dirigeants de cette entreprise, tuant un responsable. Il sera lui-même abattu par des policiers un peu plus tard. Ce qui avait poussé lemployé à un tel acte de désespoir était son licenciement quelques années auparavant. Délégué syndical, il navait pas supporté une réflexion dun de ses chefs au sortir dune grève. Pour certains, le prix peut sembler élevé, mais le licenciement nest-il pas une des plus grandes violences faites à un homme lorsquil nest pas justifié, ou tout du moins injuste, par la volonté dun chef. Un chef fait une réflexion insultante, cest lemployé qui se retrouve à la porte et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Deux poids, deux mesures !
Il arrive parfois que les chefs soient mis en accusation, surtout lorsque ce sont les employés qui, solidairement, se mettent en grève pour que ledit chef, grand harceleur devant lÉternel, démissionne ou bien soit licencié. Mais selon que tu seras employé ou chef, la procédure sera différente ! Les employés du Musée Stella Matutina en savent quelque chose, eux qui, depuis des années maintenant, doivent supporter un directeur qui les harcèle quotidiennement dans leur travail. Mais voilà, lui, cest le chef, alors cest plus dur de le licencier, mais lorsque ce dernier emploie la violence contre ses subordonnés, la coupe est pleine et il faut rechercher une solution acceptable par tous. Bien entendu, si M. Joseph Payet était un employé lambda, ce serait simple, une lettre de remerciements et le tour serait joué. Mais dans ce cas, on est beaucoup plus prévenant et on commence par écarter gentiment Monsieur le directeur, le temps dune enquête, tout en cherchant une solution de repli. La solution provisoire pour ce fauteur de trouble, cest de lui accorder un congé maladie. Cela est une véritable surprise. Il savère que la Sécurité sociale, organisation chargée de notre santé, serait également en charge des conflits sociaux entre employés et cadres. Si cest le cas, pourquoi ne pas avoir donné un congé maladie à M. Baptiste Jean-Philippe, le syndicaliste des Brasseries de Bourbon ? Ses enfants et sa famille nauraient pas à le pleurer. Mais voilà, ce qui est bon pour un cadre ne lest pas forcément pour un employé, de surcroît syndicaliste ! Une chose tout de même pose problème, depuis le temps que lon nous dit quil faut faire des économies pour combler le trou de la Sécu, est-ce bien raisonnable de donner un congé maladie à un cadre supérieur sous prétexte quil harcèle les employés qui sont sous ses ordres ? Sans jouer le délateur, je souhaite que le médecin conseil de la Caisse primaire dassurance maladie se penche sur ce cas, et pourquoi neffectuerait-il pas un contrôle pour voir si ce Monsieur respecte les heures de sortis cochées sur son certificat médical ? Pour conclure, la situation au sein des entreprises est de plus en plus délétère, et ce sont les personnels qui en font les frais. Est-ce une nouvelle ère qui se profile ? En plus du travailler plus, si vous voulez gagner plus, faudra-t-il accepter de subir le harcèlement des chefs ?