Eklablog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ancien blog du syndicat sud area

Publicité

Pas Trouille 13/09/07

Compte-rendu de la réunion de négociations relative à l’organisation des patrouilles sur le réseau AREA


Le syndicat SUD fait un préambule au sujet des travaux d’installation des BTP sur Chesnes :

« Je vous ai fait un courrier dans l’urgence fin août, dans lequel il y a des petits loupés. Je reconnais avoir oublié d’adresser une copie de ce courrier au secrétaire du CHSCT, je l’ai fait depuis. Par ailleurs, je n’avais pas précisé que c’est par l’intermédiaire d’un élu du CHSCT que m’a été transmise la situation de Chesnes. Pour en venir aux travaux, il semblerait que nous n’ayons pas la même appréciation des choses. Vu du terrain, les dispositions prises étaient loin d’être suffisantes. En ce qui concerne l’information donnée aux instances représentatives, SUD estime qu’elle reste insuffisante. Nous réitérons donc notre demande d’être tenus informés du planning des travaux futurs. Enfin, nous nous associons à la demande de la FAT de tenir les engagements pris devant les élus DP. »

La CGT ajoute qu’on rencontre les mêmes problèmes sur Montmélian.

Le Directeur Général en vient ensuite à l’objet du jour tout en précisant qu’il est dans l’obligation de quitter rapidement la séance.

Le DG évoque l’échec des précédentes négociations sur les patrouilleurs, puis présente le nouveau projet. Il souhaite confier ce métier au personnel déjà en place et ne pas faire appel à la sous-traitance. Pour lui, il est temps d’engager la négociation et d’aboutir. Les points essentiels sont exposés :

  1. AREA est dans l’obligation d’organiser les patrouilles. C’est la seule autoroute à ne pas en avoir.

  2. Cette mise en place permettra de renforcer la sécurité des usagers et sera un plus pour le service.

  3. Cette nouvelle mission permettra de revaloriser le métier d’agent routier.

Le DG exclut toute embauche complémentaire : la solution doit être trouvée avec les équipes sur le terrain. Il exclut aussi tout accord non majoritaire. La mise en place devrait être effective à l’issue de la viabilité hivernale (c’est-à-dire à partir d’avril). Si aucun accord n’est trouvé, un appel sera lancé à la sous-traitance, ce que le DG envisage comme solution extrême.

Le Directeur des Ressources Humaines dresse un historique : nous sommes soumis aux exigences de la convention de concession. Dans ce cadre, l’entreprise a une obligation de service public — mot qui ne fait pas peur à la Direction.

SUD demande si AREA s’est déjà trouvé en situation d’être pénalisée. Le DRH répond par la négative : à ce jour AREA n’a fait l’objet d’aucune pénalisation (relativement aux conditions de sécurité et de fluidité non assurées).

La Direction nous présente aujourd’hui l’économie générale du système.

Les dix objectifs du systèmes :

  1. Compléter la surveillance du réseau ;

  2. Intégrer les patrouilles aux tâches des agents routiers ;

  3. Valoriser la polyvalence des agents routiers ;

  4. Conserver la traçabilité des passages ;

  5. Mettre en place une organisation compatible avec le fonctionnement actuel ;

  6. Intégrer des éléments dans la mission des patrouilles (contact avec CESAR en cas d’observation d’anomalies ; sanitaires)

  7. Permettre aux patrouilles de participer aux interventions d’assistance des clients en difficulté, notamment aux péages ;

  8. Profiter de cette nouvelle mission pour rééquilibrer entre les agents routiers assurant des astreintes et les autres agents routiers les contraintes et les rémunérations associées ;

  9. Réduire les contraintes horaires des samedis travaillés en limitant la plage horaire ;

  10. Rémunérer la prestation au réel.

Le DRH explique qu’aujourd’hui on plante le décor : il s’agit d’exposer, de discuter et de mettre en place un groupe technique.

La CFDT remarque que ça ressemble à la méthode de la négociation précédente : on évite les négociations au maximum, ce qui a abouti à un échec.

Suite de la présentation :

4 circuits de patrouilles sont prévus l’été (35 semaines) et 6 l’hiver (17 semaines)


KM des circuits de l’été

CE1 et ½ CE2

99 KM

½ CE2 et CE5

104 KM

CE4 et CE32

122 KM

CE31 et CE6

115 KM


KM des circuits de l’hiver

CE1

58 KM

CE2

68 KM

CE3

85 KM

CE4

87 KM

CE5

68 KM

CE6

68 KM


La patrouille est mise en place sur des postes en dehors des heures travaillées des équipes de viabilité en mode normal ou en mode dégradé.

La Direction se livre à une interprétation juridique : elle est dans l’obligation de mettre en place une présence sur le réseau mais pas une patrouille proprement dite. Ainsi en mode dégradé en VH, il n’y a pas de patrouille de prévue la nuit puisque des agents routiers tournent [avec les chasse-neige ! Est-il raisonnable d’envisager de « patrouiller » avec un chasse-neige ? Certainement pas !].

Face à la réaction vive des organisations syndicales : « patrouilleur c’est un vrai métier », le DRH rappelle la volonté de la Direction d’augmenter la polyvalence des agents routiers.

La CGT estime que c’est du réchauffé, qu’on nous ressert ce qui a été refusé antérieurement.

SUD va dans le même sens et ajoute qu’on ajoute des missions supplémentaires à un personnel déjà en sous-effectif. Une question se pose : comment est-il possible de réaliser l’ensemble des missions dévolues sans personnel supplémentaire ?

Le DRH répond que les missions évoluent dans tous les secteurs de l’entreprise et que le débat viendra en son temps [On n’est donc pas là pour débattre aujourd’hui, mais uniquement pour prendre connaissance du projet de la Direction].

La FAT rappelle, qu’au moment de la privatisation, le Président du groupe avait parlé de création d’emploi. Aujourd’hui, on fait le contraire. S’il y a sous-traitance, on embauchera des patrouilleurs pas des agents routiers, pourquoi ne pas créer alors directement des patrouilleurs dans l’entreprise ?

Le DRH répond que le choix a été arrêté de ne pas créer un corps de patrouilleurs. C’est le choix du Directeur Général, c’est la philosophie du groupe EIFFAGE qui préfère avoir une organisation recentrée avec des missions cadrées. On valorise les métiers, on les rend polyvalents [et les salariés deviennent des forçats du travail].

Pour la Direction, l’effectif complet des agents routiers d’AREA, tel qu’il est prévu, a été dimensionné dans le cadre de la période de VH, c’est-à-dire qu’on a un peu de mou en dehors de cette période [ !!!!!!!!!].

La CFTC rappelle qu’on travaille à flux tendu dans les centres parce que les effectifs ne sont jamais complets et parce que des activités ont déjà été rajoutées. L’OS souligne la dégradation de la sécurité pour les agents routiers.

On revient à la présentation du projet et aux cycles de temps de travail :

  • Patrouilles de nuit du lundi et du mardi :

P1 + patrouille le lundi ; patrouille le mardi ; repos le mercredi ; P1 le jeudi et le vendredi

[Soit un seul repos après deux nuits et deux postes un même jour mais avec 9H entre !]

SUD demande pourquoi on respecte le métier de patrouilleur sur APRR et l’on ne le crée pas sur AREA ?

Pour SUD, ce projet est une vraie usine à gaz.

  • Patrouilles de nuit du mercredi et du jeudi :

3 P1 (lundi à mercredi) suivis de deux patrouilles (mercredi et jeudi)

[Chez AREA, tout est possible, même (et surtout) le pire !]

  • Patrouilles de nuit du week-end :

3 P2 (lundi à mercredi) ; 1 repos ; 3 patrouilles (vendredi à dimanche) ; 1 repos ; 4 P1 ; 2 repos… Et c’est reparti pour un cycle de deux semaines. [Sans commentaires…]

  • Patrouilles du week-end :

4 P1 (lundi à jeudi) ; 1 repos ; samedi P2 et dimanche P1

  • Patrouilles du week-end après-midi :

4 P1 (lundi à jeudi) ; 1 repos ; samedi et dimanche en patrouille P2 ; 1 repos ; 4 P2 (mardi à vendredi) ; un week-end de repos.

SUD demande sur quel mode d’organisation du travail repose le projet.

Le DRH répond que ça ne pose pas de problème : il s’agit d’un tour spécifique et il suffit de vérifier qu’on est dans les clous au niveau des amplitudes horaires, hebdomadaires…

Pour FO, c’est du réchauffé. Mais sur la règle des 9H l’entreprise n’est pas bonne.

Le DRH ramène la présentation à un état de méthode, c’est-à-dire un modèle de tour de service et d’organisation du temps de travail qui doit respecter le Code du Travail.

Le DRH précise que cette nouvelle mission devra être intégrée à la fiche de poste de l’agent routier, fiche qui devra donc être retravaillée.

SUD tente de rappeler l’ensemble des tâches du patrouilleur, telles qu’elles sont définies sur APRR pour montrer qu’elles sont incompatibles avec un chasse-neige et que l’organisation envisagée par la Direction est ingérable.

Le DRH interrompt SUD sous prétexte qu’on n’est pas là pour lire une liste à la Prévert [Il manque singulièrement d’esprit de productivité Prévert etc’est vrai que les cycles de temps de travail n’ont rien de poétique. Il ne faut pas oublier qu’on est là pour valider un modèle purement rationnel qui ne tient absolument pas compte de la réalisation du travail]. Il affirme qu’ici c’est AREA et que le problème n’est pas identique entre les deux sociétés [sauf que la volonté du management est de réduire les corps de métiers et que si le système s’applique sur AREA, il servira de modèle pour APRR].

Le DRH revient sur le fait que cette organisation n’est pas du 3X8, ni du 2X8 mais une organisation à part.

La question qui se pose alors c’est : est-ce que cette organisation à part entre la définition de la pénibilité ? Pas de réponse de la Direction.

Pour le DRH, le rôle du chef d’équipe est essentiel (une formation spécifique doit d’ailleurs être mise en place) : les chefs d’équipe sont dans le système…

Il va sans dire que la modification de fiche de poste entraînera une modification de la grille en fonction des nouvelles fonctions.

Reprise de la présentation, où il est question de la rémunération de la patrouille [enfin, plus précisément des éléments qui rentrent en compte dans le calcul de la rémunération] : longue explication sur les chiffres des heures effectives et fin du diaporama sans qu’aucune valeur de salaire ne soit avancée [la Direction est prudente] et sans que soit exposées les tâches de patrouille [Pas trouille, n’ayez pas trop peur tout de suite].


On passe ensuite au tour de table des positions des OS.

Pour répondre à la CFDT, le DRH dit que le paiement des heures et des tâches supplémentaires sera fait au réel. L’OS souligne les problèmes d’organisation et exprime sa réserve par rapport à la VH. Elle souligne encore le problème lié au rythme de travail qui va à l’inverse de ce que prône la médecine du travail. Il y a des rythmes biologiques à respecter. La CFDT n’est par contre pas opposée à l’intégration des patrouilleurs dans le métier d’agent routier.

La CGT demande un tableau comparatif des salaires ce à quoi répond favorablement le DRH : un calendrier annuel et un tableau seront fournis. L’OS se prononce pour un système d’embauche et estime que la Direction fait un choix budgétaire et politique. Le DRH n’est pas d’accord sur le choix budgétaire mais accepte le principe du choix politique au sens noble du terme. Pour lui, il est question de choix global organisationnel et technique [technique en langage managérial ça veut dire qu’on déshumanise totalement le débat, qu’on a en vue les résultats et qu’on s’intéresse aux moyens à mettre en œuvre pour y parvenir, les salariés n’étant plus que les rouages du système à mettre en place].

FO s’interroge : jusqu’où la polyvalence ? Pour évaluer la pénibilité, l’OS estime qu’une vision annuelle est nécessaire. Elle rappelle par ailleurs que les agents routiers avaient refusé catégoriquement, lors des propositions de 2003, que des tâches leur soient ajoutées. Le DRH répond qu’il a des OS face à lui que c’est à elles qu’il s’adresse : la Direction n’ira pas s’adresser aux agents routiers tant que nous n’aurons pas calé les choses. Selon lui, il est farfelu de présenter dès à présent quelque chose aux agents routiers. [C’est-à-dire que SUD ne doit pas faire de tract tout de suite… Eh ! On va se gêner !]. FO demande des précisions au sujet de l’intervention sur les péages : les patrouilleurs interviendraient-ils en remplacement des péagers ? Le Directeur d’exploitation est catégorique : il s’agit d’intervention de sécurité mais pas d’intervention de péager, ni d’intervention de technicien. Il ne faut pas confondre les genres.

Le DRH se dit absolument open pour discuter des missions des patrouilleurs.

La CGC estime que le sujet est complexe et qu’il mérite d’être débattu en collectif. L’OS n’est pas hostile au projet en tant que tel et n’a pas d’a priori négatif.

Le DRH passe la parole.

SUD se dit subjugué par le débat : on aurait dû signer il y a quatre ans. Le projet proposé est imbuvable. C’est encore plus de productivité et toutes les OS sont d’accord pour reconnaître que c’est impossible. On est dans l’apologie de la productivité. En 2003, SUD avait titré un tract sur le brouillard épais du dossier, aujourd’hui, c’est pire, le projet va encore plus loin dans l’opacité. D’un point de vue politique, on applique la logique sarkozyenne : travailler plus pour gagner plus.

La FAT tient à féliciter la personne qui a travaillé sur ce projet… Le métier de patrouilleur n’est pas assimilable à celui d’agent routier. L’OS se prononce pour des embauches, soulignant le fait que le projet antérieur en prévoyait 25. Le projet d’aujourd’hui est plus alambiqué. La FAT regrette qu’on n’ait pas abouti la dernière fois.

La CFTC appuie sur le point de discorde : l’embauche. L’OS estime qu’il y a un manque de visibilité sur l’organisation et se positionne sur le respect des métiers : un patrouilleur n’est ni péager ni technicien. Il va falloir former des gens. La CFTC conclue en disant que la Direction a joué la Namibie en finale, ce qui est ambitieux, mais…

Le DRH demande aux OS de désigner leurs participants au groupe technique (deux personnes par OS qui peuvent tourner). Les thèmes abordés seront : les missions des patrouilles ; l’organisation du temps de travail dans le détail sur l’année ; la rémunération.

La CFDT demande des informations sur le coût financier actuel, sur celui du projet, sur la sous-traitance, sur une organisation de type 3X8.

Le DRH estime qu’aucun scénario ne peut être occulté dans la limite de ce qui a été fixé par le DG, mais intellectuellement, il ne veut pas concevoir l’hypothèse de la sous-traitance.

Fin de la discussion pour aujourd’hui. La date de la première réunion du groupe technique sera donnée plus tard. Avant de clore la séance le DRH revient sur l’avenant à l’accord 51. FAT, CFDT et CGC l’avaient signé dans les délais mais ces trois signatures ne suffisaient pas à l’obtention d’un accord majoritaire. FO a depuis écrit au DG pour lui demander de revenir sur sa décision et de remettre l’avenant à signature. Il a accepté. L’avenant est donc remis à signature jusqu’à vendredi prochain.

La FAT rappelle qu’elle a aussi écrit au DG lui faisant part de revendications supplémentaires et demande si elles ont été intégrées au nouveau document. Le DRH répond par la négative. Dans ce cas, la FAT annonce qu’elle n’est plus signataire.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
J'ai pris un fou rire en lisant la partie concernant l'avenant ?'accord 51 ... ?tourne au comique !!! Alors que la direction ?it sur le point d'obtenir leur 4? signataire pour valider cet accord, voil?'un d'entre eux qui finalement se r?acte !!!Quel dommage !!!! sniffffffffffff !!!!
Répondre