Compte-rendu de la réunion de négociations relative à la CATS
Le DRH revient ensuite sur un certain nombre de questions.
Il faut quon se hâte lentement sans traîner en route. En effet, si nous avons encore le temps, il faut tenir compte du contexte politique et [pour le traduire personnellement] de lhyperactivité du Président de la République prêt à tout renverser de la progression sociale acquise depuis 1789.
Le DRH remarque quil y a quelque chose dantinomique entre le principe de travailler plus longtemps et les accords de départ anticipé.
La Direction prend en compte la notion de pénibilité de trois manières :
Du fait même quil y ait un accord de branche qui soit décliné dans lentreprise.
Du fait que lemployeur maintiendra sa part de cotisation à la mutuelle jusquà la retraite effective. Les salariés bénéficiant du dispositif CATS basculent automatiquement à la retraite dès quils atteignent lâge de 60 ans à condition quils disposent des trimestres de cotisation nécessaires pour une retraite à taux plain. NB : un salarié concerné par la loi Fillon (départ à 57 ans) ne peut pas faire le choix entre les deux dispositifs. Cest la loi Fillon qui sapplique à lui sil décide de partir.
Lentreprise assure la couverture risque lourd (capital décès) en prenant cette cotisation en charge.
Retraite complémentaire : lentreprise prend en charge le différentiel afin que le salarié obtienne le même nombre de points que sil avait continué à travailler.
La Direction apporte une proposition supplémentaire aujourdhui. A côté des 65 % du salaire de référence prévu par laccord de branche (réparti pour moitié entre lentreprise et les ASSEDIC), la Direction propose dajouter 5 % pour un total de 70 % du salaire de référence brut. Ces 5 % sont du salaire sur lequel le salarié paye des cotisations et ouvrent donc des droits (dont participation et intéressement). Au final, le minimum assuré de lallocation sélève à 80 % du salaire net perçu.
Quand le salarié en CATS devient retraité, il bénéficie de lindemnité mise en retraite qui sanalyse comme une indemnité de licenciement cest-à-dire quelle nest pas imposable. Cette indemnité de mise en retraite est prévue dans les dispositions de la Convention Collective Nationale de Branche (elle nexiste pas dans lentreprise : ne pas confondre indemnité et prime).
Rappel du cas décole : un salarié peut être rappelé par lentreprise dans les six mois de sa mise en CATS. Par contre, en aucun cas, la personne qui a signé une CATS ne peut reprendre une activité professionnelle après 60 ans.
Un élément de complexité dont il faut tenir compte : si on est sur le schéma un départ un remplacement en viabilité (les agents routiers entrant dans le cadre des équipes successives) et en sécurité (personnel CESAR), on nest pas sur cette dynamique pour les péagers. Le DRH ne prendra pas lengagement dembaucher de jeunes péagers : « on ne sest jamais raconté dhistoires dans cette enceinte. » [ah ].
Le DRH souhaite être très clair sur un point : il y a le risque que les départs en CATS soient importants, ce qui pourrait poser problème au niveau du péage.
Nombre de départs potentiels au péages : 80 personnes concernées dont la moitié sur les deux premières années (30 en 2008 ; 11 en 2009 ; 17 en 2010).
La Direction souhaite donc mettre une disposition de gestion pour les départs des salariés du péage. Afin de maîtriser le flux (et déviter un « tsunami » de départs ingérable au péage), le DRH propose détaler les départs dans le cadre dune négociation avec les organisations Syndicales. Il faut savoir que le départ en CATS nest pas un motif qui permette demployer des intérimaires ou des CDD. La solution serait alors, pour la CFDT, daugmenter les seuils des TPA présents dans lentreprise [allons plus loin : pourquoi ne pas transformer des contrats TPA en contrats tours fixes ?].
SUD souligne quon doit analyser la situation géographique : tous les péages ne sont pas pareillement concernés.
Le DRH acquiesce : une analyse doit être faite dans le détail de la répartition par centre péage, voire par péage. Mais, il insiste sur la nécessité dintroduire une clause à laccord afin que les péagers ne partent pas tous en même temps [ce qui entraîne une distinction entre les catégories de salariés ], et souligne que la demande dentrée dans le dispositif nécessite trois signatures (celle du salarié, celle de lentreprise et celle des ASSEDIC) pour être validée. Le temps détalement des départs ne dépasserait pas le trimestre. Face aux interrogations des OS, le DRH se veut rassurant : « la clause relative aux départs étalés des péagers cest comme un parapluie, on ne sen sert que sil pleut ».
A cette heure, la Direction nest pas descendue dans le détail mais elle nous expose les départs potentiels sur les trois premières années par centre péage :
CP1 : 5 ; CP2 : 4 ; CP3 : 2 ; CP4 : 8 ; CP5 : 2 ; CP7 : 11 ; CP8 : 2 ; CP9 : 7.
Le DRH assure quil ne faut voir aucun lien entre léchelonnement sur trois mois et le rythme dinstallation des BTP.
La gestion des péages représente une équation à trois inconnus (au moins), elle est donc complexe. Le DRH rappelle que lentreprise na pas besoin de laccord CATS pour gérer lautomatisation. Au contraire, cet accord serait plutôt un élément perturbant.
SUD souligne que le 3X8 est astreignant et que létalement des départs, même sur trois mois, peut être vécu difficilement.
Le DRH répond que la solution alternative serait de disposer des conditions matérielles nécessaires ce qui reviendrait à accélérer le rythme dautomatisation ce que ne cherche pas la Direction. La Direction ne souhaite pas augmenter les départs par rapport à lautomatisation [dautant plus que la technologie a ses défaillances ], elle reste cependant attachée au départ dans le cadre de la pénibilité.
SUD estime que le DRH a déformé son intervention : sétant toujours positionné contre lautomatisation, SUD ne veut pas de laugmentation de lautomatisation, mais demande une vraie reconnaissance de la pénibilité. Une question plus large se pose : comment sont gérées les absences en règle générale ?
A une intervention de FO au sujet de la gestion des départs (globale ou locale) qui aurait pu être cadrée par la gestion prévisionnelle des emplois, le DRH répond que si la gestion générale sera cadrée au niveau de la filière, les salariés ayant un contrat par centre, lorganisation se fera au niveau du centre.
Le DRH estime que nous sommes bien dans nos baskets, maintenant. Il résume les données du jour. Les 65 % de revenu de remplacement ne donnent pas droit à lintéressement, ni à la participation : il sagit dune allocation qui nouvre pas dautre droit que celui de sa perception. En revanche, les 5 % supplémentaires correspondent à du salaire qui ouvre des droits au salarié, dont intéressement et participation (sur 5 %), carte professionnelle, carte exopers. Il appartient au CE de définir le pourcentage de participation quil octroie aux salariés en CATS.
Le DRH rappelle que cet accord éventuel apporte un bénéfice aux salariés, mais pas à lentreprise. Le deal cest de donner au salarié une rémunération convenable et lui accorder une retraite plus longue.
A ce jour, à la connaissance de la Direction, aucun salarié cadre nest concerné par cet accord. Si un cas devait se présenter, le salarié concerné bénéficierait des mêmes droits que les autres. Ainsi, le logement de fonction serait maintenu pour une période de trois mois, afin de permettre au salarié en CATS de trouver un autre logement, mais la voiture de fonction ne lui serait en aucun cas laissée.
La Direction est venue aujourdhui avec un projet de projet quelle ne nous remettra pas, parce quil est à remanier.
SUD pose une dernière question au sujet du remplacement potentiel des Receveurs Chefs, salariés du péage. Le DRH répond que le remplacement des RC se ferait dans le cadre de lorganisation.
Une prochaine réunion est fixée le 2 novembre à 9H30 à Bron.